[ HAITI -OPINION ]
Par : Adens PIERRE, Av.
Depuis plusieurs décennies, la vie politique d’Haïti est marquée par l’instabilité, les crises institutionnelles et les luttes de pouvoir. À chaque transition politique, à chaque promesse de changement, c’est toujours le peuple qui espère et c’est toujours le peuple qui perd.
Les dirigeants successifs, au lieu de placer l’intérêt collectif au cœur de leurs actions, préfèrent souvent de prioriser le favoritisme, des alliances opportunistes et la conservation du pouvoir. Pendant ce temps, la population subit l’inflation galopante, l’insécurité, le chômage massif sans précédent et la dégradation des services publics essentiels comme l’éducation , la santé et la justice.
Malgré le système politique n’offre presque aucune protection sociale pour la majorité de la population, les soi disant leaders de 1986 et certains leaders émergents d’alors ne pensent qu’a leurs intérêts personnels et clanique, véritable source de corruption qui gangrène l’économie du pays et sape la confiance et l’équité .
Qui plus est, les jeunes, sans perspectives d’avenir, sont contraints soit à l’exil, soit à l’économie informelle, soit à la violence. Les familles s’appauvrissent pendant qu’une minorité continue d’accumuler richesses et privilèges grâce à la proximité du pouvoir. Les crises politiques répétées paralysent l’État, bloquent les investissements et détruisent la confiance entre gouvernés et gouvernants. Chaque mouvement de contestation populaire est accueilli par des promesses vides ou par la répression, sans jamais s’attaquer aux causes profondes : la corruption, l’impunité et la mauvaise gouvernance.
Ainsi, dans ce jeu politique sans fin, le peuple demeure le grand perdant. Il paie le prix des ambitions personnelles, des luttes partisanes et de l’absence de vision nationale.
Tant que la politique ne sera pas orientée vers le bien commun, la justice sociale et le développement durable, Haïti continuera à tourner en rond, et son peuple à souffrir. Pour que la situation change réellement, il faut une nouvelle conscience politique, fondée sur la responsabilité, la transparence et la participation citoyenne.
Sans cela, chaque nouvelle transition ne sera qu’un nouveau chapitre d’un même échec et le peuple haïtien restera malheureusement encore et toujours, le vrai perdant.
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Gonaïves, le 23 février 2026
Me Adens PIERRE, Av,
Ingénieur en Dévéloppement, Journaliste